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Rhinite allergique et ronflements : la consultation d'allergologie, une opportunité de dépistage du syndrome d'apnées obstructives du sommeil

Baani G.*1 ; Abrar S.1 ; Jaouhari M.1 ; Halloumi O.1
1Service de Pneumologie, CHU Mohamed VI, Laboratoire LARISS, FMPA, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc

Auteur correspondant : Baani G. 

Introduction

La rhinite allergique, par l'obstruction nasale qu'elle induit, favorise les ronflements et les troubles respiratoires du sommeil. Ces symptômes sont volontiers attribués à la seule pathologie nasale, ce qui peut faire méconnaître un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) associé. L'objectif était d'estimer le risque de SAOS chez les patients consultant pour rhinite allergique et d'identifier les caractéristiques cliniques permettant de distinguer un ronflement d'origine nasale d'une situation devant faire évoquer un SAOS.

Méthodes

Étude transversale menée sur quatre mois chez des adultes présentant une rhinite allergique. Le risque de SAOS a été évalué par le questionnaire STOP-Bang (risque élevé : score≥5) et la somnolence diurne par l'échelle d'Epworth. Ont été recueillis : âge, sexe, indice de masse corporelle, antécédents d'hypertension et de pathologie cardiovasculaire, caractéristiques et sévérité de la rhinite (classification ARIA), asthme associé et présence de ronflements. Les facteurs liés à la rhinite et à l'asthme ont été comparés selon le niveau de risque (test du Chi² ; jamovi ; p < 0,05). Une polygraphie ventilatoire nocturne a été réalisée chez les patients à risque élevé.

Résultats

L'âge moyen des patients inclus était de 34±11 ans, avec une prédominance féminine (61%). Une rhinite persistante modérée à sévère était observée chez 58% des patients et un asthme associé chez 64%. Des ronflements réguliers étaient rapportés par 47% des participants et une somnolence diurne excessive par 29%. Un risque élevé de SAOS a été retrouvé chez 24 patients (28,6%). La rhinite sévère et l'asthme associé étaient significativement plus fréquents chez les patients à risque élevé (p < 0,05). Parmi les 24 patients ayant bénéficié d'une polygraphie, un SAOS a été diagnostiqué chez 10 d'entre eux (41,7%).

Conclusion

Chez les patients consultant pour rhinite allergique, les symptômes évocateurs de troubles respiratoires du sommeil sont fréquents et ne doivent pas être attribués par excès à la seule atteinte nasale. La présence d'une rhinite sévère ou d'un asthme associé devrait faire évoquer un SAOS. La consultation d'allergologie constitue ainsi une opportunité de dépistage ciblé, permettant une identification plus précoce des patients à risque.


Baani G. * ; Abrar S. * ; Jaouhari M. * ; Halloumi O. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.