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Phénotypes de l'asthme de l'adulte : Allergique vs Non allergique – Quelles différences ?

Turki C.*1 ; Rouis H.1 ; Abdellatif S.1 ; Khattab A.1 ; Khouaja I.1 ; Zendah I.1 ; Maalej S.1
1Pavillon 3 , Hôpital Abderrahmane Mami, Ariana, Tunisie

Auteur correspondant : Turki C 

Introduction

L'asthme est une maladie hétérogène présentant de multiples phénotypes cliniques. Alors que le phénotype allergique prédomine dans l'enfance, les formes non-allergiques sont de plus en plus reconnues chez l'adulte et peuvent présenter des profils cliniques et fonctionnels distincts. Comprendre ces différences est crucial pour une prise en charge personnalisée.

Objectif

Identifier les principales différences cliniques, fonctionnelles et évolutives entre l'asthme allergique et non-allergique.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique au sein du service de pneumologie 3 de l'hôpital Abderrahmane Mami, Ariana. Les dossiers médicaux des patients suivis pour asthme ont été examinés. L'asthme allergique a été défini par la présence de caractéristiques atopiques avec des tests cutanés positifs. Les patients ont été divisés en deux groupes : G1 (asthme allergique) et G2 (asthme non-allergique).

Résultats

Parmi les 140 patients inclus, 84,3% présentaient un asthme allergique et 15,7% un asthme non-allergique. Les patients du G1 étaient plus jeunes (46 vs 53 ans ; p=0,05), avec un début de maladie plus précoce (26 vs 39 ans ; p< 10⁻³) et une durée de maladie plus longue (17 vs 10 ans ; p=0,015). Aucune différence significative n'a été observée concernant le sexe ou les comorbidités. L'asthme non-allergique était plus sévère (p=0,011) et moins bien contrôlé (p=0,008), avec des visites aux urgences plus fréquentes (p=0,026), tandis que les taux d'hospitalisation étaient similaires. La fonction pulmonaire était significativement plus basse dans le G2 : VEMS (86% vs 96% ; p=0,021), CVF (90% vs 98% ; p=0,044), et rapport VEMS/CVF (78% vs 81% ; p=0,035). L'observance du traitement était comparable (p=0,051), mais l'utilisation de LAMA était plus fréquente dans le G2 (p=0,043).

Conclusion

Dans notre cohorte, l'asthme non-allergique était associé à une plus grande sévérité, un moins bon contrôle et une limitation plus prononcée du débit aérien, suggérant une trajectoire fonctionnelle et clinique moins favorable.


Turki C. * ; Rouis H. * ; Abdellatif S. * ; Khattab A. * ; Khouaja I. * ; Zendah I. * ; Maalej S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.