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Introduction
Les métastases cérébrales sont fréquentes dans le cancer bronchique primitif (KBP) et conditionnent l’évolution de la maladie. Leur détection précoce est cruciale pour guider les décisions thérapeutiques.
Méthodes
Etude rétrospective descriptive et analytique incluant 150 patients atteints de cancer bronchique suivis au service d’Ibn Nafis de l’hôpital Abderrahmane Mami de l’Ariana entre janvier 2018 et décembre 2024. L’extension tumorale initiale a été évaluée selon la 8ᵉ édition de la classification TNM.
Résultats
Parmi nos 150 patients, 50% des patients était au stade IV au diagnostic avec 10,6% d’entre eux avaient des métastases cérébrales. Le délai moyen entre le diagnostic et l’instauration d’une chimiothérapie palliative était de 52 jours. La progression métastatique après la première ligne de chimiothérapie concernait 32,2% des patients, dont 30% développaient une atteinte cérébrale. Sous deuxième ligne de chimiothérapie, 69,8% présentaient une progression avec une atteinte cérébrale dans 50% des cas et après la troisième ligne, les métastases cérébrales représentaient encore 40% des progressions. Malgré cette fréquence, la radiothérapie cérébrale n’a été administrée qu’à 14,7% des patients, exclusivement à visée palliative. L’analyse des facteurs associés à la présence de métastases cérébrales a mis en évidence une forte corrélation avec les signes neurologiques (OR=9,7 ; IC95% : 2,5–36,9 ; p < 0,001). À l’inverse, l’altération de l’état général était moins fréquente en cas d’atteinte cérébrale isolée (OR=0,22 ; IC95% : 0,07–0,71 ; p=0,007). L’hypothyroïdie (OR=0,12 ; IC95% : 0,018–0,79 ; p=0,01) et la thrombopénie chimio-induite (OR=0,59 ; IC95% : 0,38–0,91 ; p=0,045) semblaient également associées à un risque réduit. Enfin, un nombre de sites métastatiques≥2 augmentait significativement la probabilité d’atteinte cérébrale (OR=5,89 ; IC95% : 1,99–17,39 ; p < 0,001).
Conclusion
Les métastases cérébrales apparaissent comme un marqueur majeur et récurrent dans l’évolution du KBP affectant significativement la décision thérapeutique à chaque ligne de chimiothérapie. Ces résultats plaident pour une surveillance cérébrale systématique et une meilleure intégration des approches thérapeutiques ciblées afin d’optimiser la prise en charge.